Chikungunya en Martinique ce qu’il faut savoir en général

Chikungunya en Martinique ce qu’il faut savoir en général
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Le virus du chikungunya est transmis à l’homme suite aux piqûres d’un moustique, appelé tigre (du genre Aedes), le patient ressent des douleurs articulaires aiguës. Les seuls traitements connus sont symptomatiques. La maladie est endémique, en principe on la rencontre en Asie du Sud et en Afrique. En 2005, une importante épidémie de chikungunya a frappé les îles de l’Océan Indien et surtout, l’Île de La Réunion, où plusieurs centaines de milliers de cas se sont déclarés. C’est en 2007, que la maladie a fait son apparition en Europe, le moustique vecteur Aedes albopictus s’y étant établi. C’est en en 2010 que l’on a recensé les premiers cas autochtones dans le Sud de la France. Fin 2013 et en 2014, la propagation du chikungunya propagé a atteint les Antilles, puis le continent américain. Actuellement en France, 18 départements possèdent les conditions propices à l’émergence du chikungunya : ce sont, la présence du moustique vecteur dans leur région, la température et l’humidité favorisant l’éclosion des œufs, les nombreux déplacements des populations de la France vers les Antilles et vice et versa (vacances, coupe du monde de football).

Symptômes: Une infection très invalidante

Dans la langue Makondée, chikungunya veut dire « qui marche courbé en avant », évoquant la posture adoptée par les personnes malades causée par d’intenses douleurs articulaires.
L’infection à virus chikungunya débouche, passé un délai d’incubation de 2 à 10 jours, sur des atteintes articulaires, fréquemment très invalidantes, ciblant principalement les petites ceintures articulaires (poignets, doigts, chevilles, pieds) mais parfois les genoux et plus rarement, les hanches ou les épaules. En plus de cette atteinte articulaire on rencontre fréquemment des maux de tête, accompagnés de fièvre, d’importantes douleurs musculaires, une éruption cutanée touchant le tronc et les membres, une inflammation d’un ou plusieurs ganglion(s) lymphatiques cervicaux ou encore une conjonctivite.
Saignements des gencives et du nez ont en aussi été fréquemment décrits, surtout en Asie.
Des formes compliquées de chikungunya n’étaient qu’exceptionnellement décrites, cependant l’épidémie de 2005 touchant l’Ile de La Réunion a mis en évidence l’existence de formes neurologiques graves, avec des méningo-encéphalites ainsi que des atteintes des nerfs périphériques. Ceci principalement chez des personnes âgées, ou ayant un système immunitaire affaibli, ainsi que chez des nouveau-nés, infectés in utero par leurs mères malades.

Rémission et séquelles

En règle générale, la rémission des symptômes cliniques est rapide, la disparition de la fièvre et des manifestations cutanées ne prend que quelques jours. Cependant, les signes articulaires peuvent perdurer quelques semaines. On a parlé de quelques cas mortels pendant les épidémies, mais Il ne semble pas que l’infection par le virus chikungunya en soit la cause directe.
On a constaté, que l’atteinte articulaire peut durer sur un mode subaigu parfois chronique pendant plusieurs mois et même pendant plusieurs années, de plus en plus fréquemment si l’âge du malade est avancé : d’après une étude rétrospective sud-africaine, elle concernerait 10% des patients 3 à 5 ans suite à une infection aiguë au virus chikungunya.

Traitement et prévention

La prise en charge médicale de la maladie est purement symptomatique, basé sur des traitements antidouleurs et aussi anti-inflammatoires. Malheureusement, ces traitements n’ont aucun effet préventif sur la survenue d’une évolution chronique. Une corticothérapie peut être nécessaire en cas de formes sévères d’évolution subaiguë, chronique.
La prévention de cette infection est aussi bien collective, qu’individuelle, reposant sur la lutte anti-vectorielle. A l’échelle de l’individu, il doit éviter l’exposition au moustique vecteur, en ayant des reflex comme porter des vêtements longs, s’appliquer des répulsifs cutanés, et aussi en utilisant des insecticides sur les vêtements et les moustiquaires.
Collectivement, pour assurer une lutte anti-vectorielle à large échelle, il faut faire des épandages d’insecticides précautionneux et éliminer les gîtes larvaires potentiels, surtout autour des habitations (pots de fleur, récipients divers, pneus usagés, déchets encombrants, etc.).